Votre lecture eurocentrée de l’autoritarisme et votre réduction de la lutte politique au vote posent problème. Mais commençons par définir le fascisme. Le fascisme n’est pas simplement un régime autoritaire, une dictature ou une politique réactionnaire. Historiquement, il désigne un mouvement politique de masse, ultranationaliste et profondément réactionnaire, qui cherche à mobiliser une partie de la population autour d’un projet de régénération nationale, de destruction des organisations ouvrières et révolutionnaires et d’un ordre social autoritaire. Il s’appuie notamment sur la violence politique, le culte du chef, la militarisation de la société et la collaboration ou la recomposition des rapports de classe au service du maintien de l’ordre capitaliste. Le fascisme ne se réduit donc pas à « tout ce qui est autoritaire », et toute l’extrême droite n’est pas fasciste. Confondre les deux revient à vider le concept de fascisme de sa portée historique et politique. Le fascism...
La consolidation du Front National, l’extrême droite raciste, se poursuit avec la conquête de la municipalité de Vitrolles, dans le sud de la France. Lors des élections de 1994, le FN avait obtenu près de 20 % des suffrages exprimés à l’élection présidentielle. Avant la conquête de Vitrolles, trois autres mairies avaient été remportées par le FN. Cette progression spectaculaire est le résultat de plusieurs années de gouvernement socialiste sous Mitterrand, au cours desquelles la classe ouvrière est devenue amère et désorientée par les grands espoirs placés dans une administration socialiste. Ces illusions avaient été renforcées par le Parti communiste et par l’extrême gauche. Le fait que des mesures violemment dirigées contre la classe ouvrière aient été prises sous les gouvernements socialistes n’était pas quelque chose que les gauchistes étaient prêts à admettre avant les élections qui avaient porté Mitterrand au pouvoir. Le racisme est profondément enraciné dans ...