« Pour gagner dans la lutte et conquérir leur émancipation, les masses travailleuses doivent être guidées, conduites par une «élite», par une «minorité éclairée», par des hommes «conscients» et supérieurs au niveau de cette masse. […] qu’une telle idée soit ancrée dans l’esprit de ceux qui se prétendent émancipateurs et révolutionnaires, c’est un des phénomènes les plus étranges […] Ainsi, je conçois le fascisme d’une façon vaste. Pour moi, tout courant d’idée qui admet la dictature — franche ou estompée, «droite» ou «gauche» — est au fond, objectivement et essentiellement, fasciste. Pour moi, le fascisme est surtout l’idée de mener les masses par une «minorité», par un parti politique, par un dictateur. […] la révolution triomphante, au lieu de mener à l’émancipation de la classe ouvrière, aboutit en fait, et en dépit de toutes les théories des émancipateurs-dictateurs, à l’esclavage et à l’exploitation les plus complets, les plus terribles, de cette classe ouvrière par une classe dirigeante privilégiée. » Voline – le fascisme rouge.
Souvent on peut entendre l’idée, que dans le cadre politique, les extrêmes se rejoignent (NB),
sous-entendu extrême-gauche (léninistes) et extrême-droite (fascistes).
C’est une chose qui peut sembler incohérente au vu des idées
développées de nos jours publiquement concernant diverses questions par
les uns et les autres des extrêmes. Mais il y a effectivement des
différences. Cependant, parfois, il existe des personnes/groupements
qu’on peut définir de confusionnistes faisant un mélange inhabituel des
extrêmes (qu’on pourrait appeler l’extrême-centre ?) dans les méthodes
et les discours. C’est une chose que rejettent généralement les uns et
les autres extrêmes, à part quand le discours énoncé les arrangent.
c’est caractérisé par un « radicalisme » politique et des discours
confus. Et il existe bien des passerelles centrées (ni de gauche ni de
droite) en son sein venant de divers horizons. Quoiqu’il en soit si on
regarde de plus prêt l’histoire, il y a effectivement des points communs
entre le léninisme et le fascisme. Bien qu’il ne soit pas difficile de
faire la part de ce qui appartient à un mouvement ou à un autre, il est
certain qu’ils ont des pratiques assez communes historiquement au niveau
des discours et de la prise de pouvoir. Toujours un leader, un parti,
une force armée +/- légale et une idéologie/religion à défendre.
Historiquement,
ils partent souvent du « socialisme » (c’est du moins ce qui est
prétendu dans leurs statuts ou leurs prétentions) ou d’une propension à
se définir du peuple (contre les élites, l’oligarchie, etc). Mais
finalement pour en arriver au nationalisme, mais parfois ils partent du
libéralisme ou sont déjà nationalistes, malgré les discours illusoires.
Historiquement,
ils partent souvent du « socialisme » (c’est du moins ce qui est
prétendu dans leurs statuts ou leurs prétentions) ou d’une propension à
se définir du peuple (contre les élites, l’oligarchie, etc). Mais
finalement pour en arriver au nationalisme, mais parfois ils partent du
libéralisme ou sont déjà nationalistes, malgré les discours illusoires.Du
côté léniniste, ils reconnaissent l’influence du léninisme sur le
fascisme italien. Par exemple, au 19e Congrès du Parti communiste, en
1923, Boukharine a reconnu que le fascisme s’était approprié les idées
bolcheviques et il démontra comment le fascisme italien avait « adopté et appliqué concrètement les expériences de la révolution russe » en termes de « méthodes de combat« . En fait, « si
on les considère du point de vue formel , c’est-à-dire du point de vue
de la technique de leurs méthodes politiques, on y découvre alors une
application complète de la tactique bolchevique… sens de la
concentration rapide d’action forcée [et] énergique d’une organisation
militaire étroitement structurée. » [cité par R. Pipes, Russie
sous le régime bolchevique, 1919-1924 p 253]. On a aussi Trotsky, dans
sa biographie incomplète sur Staline, qui notait que « Mussolini a volé des bolcheviks … Hitler a imité les bolcheviks et Mussolini« . [ Staline , vol. 2, p.243]. Plus tard, Otto Rühle déclara que « Lénine pensait sauver le pseudo-socialisme du bolchevisme et, en sauvant ce pseudo-socialisme, il fonda le fascisme. » [‘fascisme rouge, fascisme brun’, 1939]
Du
côté fasciste italien, les influences de Lénine notamment concernant
l’avant-garde professionnelle est effectivement là (Squadristes,
Avantguardista, jeunesse fascistes, les chemises noires…). La suite
montrera une même façon de faire, passant d’un libéralisme manchéstérien
à un capitalisme d’État.
Cela
pose également question quant aux léninistes (à ne pas confondre avec
les autres marxistes, bien qu’en parti certains leur aient préparés le
terrain à ceux-là ) actuels qui appellent à un front anti-fasciste,
voire même au mouvement anti-fasciste qui ne se pose pas la question de
qui a initié le fascisme. Ça peut expliquer aussi les échecs successifs
du mouvement en lui-même du fait que les léninistes ne peuvent être que
contre productifs quant à l’antifascisme, mais ne peuvent la voir dans
leurs propres pratiques léninistes. Petite pensée de mépris aux
stratèges léninistes-staliniens (et à leurs successeurs) qui durant la
révolution espagnole ont posés l’idée prioritaire de la guerre au
fascisme plutôt que de faire la révolution, on sait avec leurs pratiques
où ça a mené… à une société fasciste.
Prendre
des positions stratégiques avant-gardistes, c’est ce qui fait le lien
entre les léninistes et les fascistes. C’est un térrain de confusion
qu’il faut dénoncer.
-
Le concept
le
concept d' »avant-garde » ou de « parti/orga d’avant-garde » repose sur
le principe que les masses ne peuvent s’émanciper par elles-mêmes.
C’est le paradoxe de l’avant-gardisme. D’un côté, il adhère à une
idéologie prétendument basée sur l’auto-libération des masses (ex : la
démocratie directe, la lutte des classes, la lutte contre l’exploitation
et l’oppression, etc, …). De l’autre côté, cette avant-garde considère
non seulement que les masses ne peuvent pas s’auto-libérer. Mais cela a
aussi comme conséquence et justification parfaite la dictature du
parti/orga sur les masses, ceci pour défendre la cause supérieure.
Selon
cette perspective, les militants doivent s’organiser en un parti/une
organisation basé sur les principes du « centralisme démocratique », qui
vise à obtenir une influence décisive dans la lutte populaire soutenant
la cause. Le but ultime d’un tel parti/organisation est la révolution
et sa prise du pouvoir. Son objectif à court terme est de rassembler
tous les militants « conscients de la cause » dans un parti/organisation
« efficient » et « efficace », aux côtés de membres d’autres orgas qui
se considèrent comme des révolutionnaires de la cause. Sans cette
« avant-garde », injectant sa politique dans les populations, une
révolution leur semble impossible. Les partis/orgas peuvent s’emparer du
pouvoir et créer une nouvelle forme de société de classe (une société
capitaliste d’État ou autre) dans laquelle la masse est opprimé/exploité
par de nouveaux chefs (à savoir la hiérarchie du parti/orga et ses
mandataires).
Une
partie de ce processus consiste en des tentatives constantes
d’installer leur programme politique (par infiltrations) sur des
mouvements qu’ils ne comprennent pas, mouvements qui ont fait leurs
preuves en utilisant différentes tactiques et méthodes d’organisation.
Plutôt que d’apprendre des expériences des autres, les mouvements
sociaux sont considérés comme une matière première, une source de
nouveaux membres du parti/orga, à utiliser pour faire progresser le
parti/orga plutôt que l’autonomie et la combativité des militants de la
cause. l’entrisme est une pratique recommandé.
-
la ligne politique
Le
parti/orga serait strictement centralisé, tous les membres devant se
soumettre à ses décisions, parler d’une seule voix et agir d’une seule
manière. Par conséquent, le parti/orga d’avant-garde est organisé de
manière centralisée et descendante. Toutefois, tout en étant
« centralisé », le parti/orga se veut également démocratique, d’où
l’expression « centralisme démocratique ». Mais si on résume, la
structure est donc centrée sur le « centralisme » plutôt que la partie
« démocratique » de la formule.
l’avant-gardisme
implique que le « pouvoir du parti/orga » existe indépendamment des
militants. Cela signifie que l’on doit s’attendre à voir la « dictature
de la cause » (c’est-à-dire le gouvernement défendant la cause) réprimer
les militants de la cause eux-mêmes qui ne seraient plus dans la ligne.
La
croyance inconditionnelle en la direction du parti/orga est un thème
récurrent dans de nombreux récits de partis/orgas d’avant-garde. La
structure hiérarchique du parti/orga favorise une mentalité hiérarchique
parmi ses membres. Ainsi, beaucoup de membres en viennent à croire que
leurs désaccords avec l’analyse des dirigeants, avant même qu’ils aient
été clairement articulés, risquent d’être erronés. Le doute n’ose pas
parler de son nom, la censure.
La
conformité au sein de ces partis/orgas est également renforcée par le
militantisme intense attendu de ses membres, en particulier par les
principaux militants et membres à temps plein. Paradoxalement, plus les
gens participent activement à l’activisme, plus il devient difficile
pour elleux de réfléchir à ce qu’iels font.
L’idée,
selon laquelle l’idéologie du parti/orga explique tout, élimine le
besoin d’une pensée nouvelle ou indépendante, exclut la possibilité
d’évaluer de manière critique la pratique passée ou de reconnaître les
erreurs, et supprime la nécessité de rechercher un apport intellectuel
significatif en dehors de la forteresse idéologique du parti/orga.
Cela
va souvent jusqu’à qualifier ceux qui remettent en cause l’un des
aspects de l’analyse du parti/orga, de révisionnistes ou de
déviationnistes, se pliant aux « pressions du système en place » et ils
sont généralement chassés des rangs en tant qu’hérétiques.
L’unité
étant la clé, il y a une tendance à considérer toute opposition comme
une menace potentielle. Il n’est pas évident de s’exprimer quand on peut
entendre que la « liberté totale de critiquer » une politique interne
perturbe l’unité d’une action définie. Les témoignages de nombreux
partis/orgas d’avant-garde suggèrent que leurs dirigeants considèrent
généralement toute dissidence comme une telle perturbation et exigent
que les dissidents cessent leurs actions ou soient expulsés du
parti/orga.
Il
faut également garder à l’esprit que les partis/orgas avant-gardistes
se considèrent également comme étant d’une importance vitale pour le
succès de toute révolution future. Cela ne peut que renforcer la
tendance à considérer la dissidence comme un élément mettant
automatiquement en péril l’avenir de la cause et, par conséquent, un
élément à combattre à tout prix.
Cela
suggère que si, au nom du centralisme démocratique, les membres du
parti/orga défendent publiquement la ligne du parti, il leur devient de
plus en plus difficile de maintenir une croyance personnelle en
contradiction avec les opinions exprimées publiquement. En effet, il
arrive souvent que des activités qui susciteraient l’indignation si
elles étaient engagées par des membres de base sont pourtant tolérées
lorsque leurs dirigeants le font.
Cela
signifie que les membres trouvent généralement que leur influence et
leur position dans le parti/orga dépendent de leur volonté de se
conformer à la hiérarchie et à ses dirigeants. Si les branches ou les
membres présentent des résolutions critiques à l’égard des dirigeants,
des pressions énormes sont exercées pour qu’elles soient retirées.
De
nombreux anarchistes expriment leur inquiétude au sujet de l’idéologie
sous-jacente des avant-gardistes. Nous l’exprimons parce que leurs
pratiques sont perturbatrices et aliènent les nouveaux militants,
entravant l’objectif même (anarchie / écologie / socialisme /
révolution) qu’ils prétendent viser.
Ces
partis/orgas sont généralement petits, enclins à la scission et aux
sectes dirigeantes et jouent généralement un rôle négatif dans la lutte
sociale. Une longue lignée d’anciens membres se plaignent de ce que ces
partis sont élitistes, hiérarchiques et bureaucratiques. C’est un
refrain commun avec les léninistes – quand la réalité dit une chose et
la théorie une autre, il faut que ce soit la réalité qui soit en faute.
En
termes simples, si les masses sont soumises à des influences « du
système », les révolutionnaires « professionnels » le sont aussi. De
plus, la force de telles influences sur les « professionnels » de la
révolution doit être plus grande car ils sont loins de la vie réelle des
masses. Si l’être social influence la conscience, alors si un
révolutionnaire ne fait plus partie de la vie sociale des masses, il
n’est plus enraciné dans les conditions sociales qui génèrent la théorie
et l’action pour la cause. N’ayant plus de lien avec la vie sociale et
de ses habitants, le révolutionnaire « professionnel » est plus
susceptible d’être influencé par le milieu social dans lequel il / elle
fait maintenant partie (c’est-à-dire un environnement bourgeois ou, au
mieux, petit-bourgeois). l’amenant par effet à des concessions avec eux…
-
sa structure légale et illégale
Selon
les avant-gardistes, le parti/orga révolutionnaire devait avoir une
double structure, l’une légale et l’autre illégale. Il va sans dire que
la structure illégale est le véritable pouvoir du parti/orga et qu’on ne
peut pas s’attendre à ce qu’elle soit aussi démocratique que le
parti/orga légal, qui serait à son tour moins démocratique que l’illégal
qui aurait le vrai pouvoir au sein de l’organisation. La question ici
n’est pas le rejet d’une orga secrète (les puissances Étatiques ou
proto-Étatiques peuvent obliger les révolutionnaires à s’organiser dans
le secret), le problème est comment elle s’articule avec les orgas
visibles ici dans la perspective avant-gardiste.
Lénine
dans « Que faire? » a plaidé pour « une organisation puissante et
strictement secrète, qui concentre dans ses mains tous les fils de ses
activités secrètes, une organisation qui doit nécessairement être une
organisation centralisée ». Cet appel à la centralisation ne dépend
toutefois pas totalement du secret. Comme il l’a noté, « la
spécialisation suppose nécessairement la centralisation et à son tour
l’appelle impérativement ». Une telle organisation centralisée aurait
besoin de dirigeants et Lénine a affirmé qu' »aucun mouvement ne peut
être durable sans une organisation stable de dirigeants pour assurer la
continuité ». En tant que tel, « l’organisation
doit être principalement composée de personnes engagées dans des
activités révolutionnaires en tant que professionnels ». Nous avons donc
une organisation centralisée gérée par des spécialistes, par des
« révolutionnaires professionnels »
La
structure organisationnelle de ce système a été clarifiée à peu près à
la même époque que « Que faire? », Lénine arguant que le groupe d’usines
(ou la cellule) du parti « doit être composé d’un petit nombre de
révolutionnaires, qui reçoivent directement des ordres du comité
[central] et le pouvoir de diriger l’ensemble du travail
social-démocrate dans l’usine. Tous les membres du comité d’usine
doivent se considérer comme des agents du comité [central], tenus de se
soumettre à toutes ses instructions, tenus de respecter toutes les «lois
et coutumes» de cette «armée sur le terrain» dans laquelle ils sont
entrés et ne peuvent pas partir sans la permission du commandant.
» [cité par EH Carr, La révolution bolchevique , vol. 1, p.33] Les
similitudes avec la structure proposée par Lénine et acceptée par le
Komintern en 1920 sont évidentes. Nous avons donc un parti fortement
centralisé, dirigé par des « révolutionnaires professionnels ».
en
1920, il universalisa l’expérience bolchevique et plaida pour la
création d’une structure à deux partis/orgas (basée sur des structures
légales et illégales), ses commentaires sur la centralisation
s’appliquent à l’avant-garde en général.
-
pratiquons l’action directe, refusons l’avant-gardisme
Les
anarchistes sont bien conscients de l’importance pour les minorités
révolutionnaires de jouer un rôle inspirant et « dirigeant » dans la
lutte globale. Nous ne rejetons pas la nécessité pour les
révolutionnaires de « donner l’exemple » dans les luttes, nous rejetons
l’idée d’un leadership institutionnalisé et de la création d’une
hiérarchie dirigée / dirigée implicitement (et parfois non
implicitement) dans l’avant-garde. Tout d’abord, et surtout, les
anarchistes rejettent l’hypothèse sous-jacente d’avant-garde. Il est
basé sur l’argument selon lequel la « conscience de la cause » doit être
introduite dans la population de l’extérieur. Nous soutenons que cette
position est non seulement empiriquement fausse, mais qu’elle est
fondamentalement antisociale. C’est parce qu’il nie logiquement que
l’émancipation de la population soit la tâche de la population
elle-même. De plus, cela sert à justifier la manière de faire de
l’élite.
La
nature universelle du rejet par l’avant-gardiste de l’autogestion au
sein de l’organisation révolutionnaire au profit de formes
représentatives est donc évidente. Pour reprendre les termes de
Cornelius Castoriadis, il s’agit d’un « parti révolutionnaire organisé
de manière capitaliste ». Ainsi, dans la pratique, le parti/orga
« centraliste démocratique » , bien que centralisé, ne sera pas très
démocratique. En fait, le niveau de démocratie refléterait cela dans une
république capitaliste plutôt que dans une société socialiste
Les
partis/orgas d’avant-garde se sont rarement révélés être des organes
efficaces pour faire fermenter le changement révolutionnaire, qui est,
n’oublions pas, leur objectif déclaré. En effet, plutôt que d’être à
l’avant-garde de la lutte sociale, ces partis/orgas sont souvent les
derniers à reconnaître, et encore moins à comprendre, les émotions
initiales d’importants mouvements et événements sociaux. Ce n’est que
lorsque ces mouvements ont explosé dans les rues que les
« avant-gardes » auto-proclamées les remarquent et décident qu’elles ont
besoin de la direction du parti/orga.
Aucun
anarchiste ne nierait que les partis/orgas d’avant-garde sont
extrêmement efficaces et efficients à certains égards, notamment en
reproduisant les valeurs de la hiérarchie et de la bourgeoisie dans des
organisations et mouvements dits « révolutionnaires »
En
se structurant selon des lignes hiérarchiques reflétant le système même
auquel il prétend s’opposer, le parti/orga d’avant-garde reproduit très
« efficacement » ce système au sein des mouvements sociaux radicaux
actuels et de toute société révolutionnaire qui pourrait être créée.
Cela signifie qu’une fois au pouvoir, il façonne la société à son image.
Malgré
les revendications de leurs partisans, de tels partis/orgas ne sont pas
réellement très efficaces au sens révolutionnaire du terme. Au mieux,
ils entravent la lutte en étant lents à réagir aux situations qui
changent rapidement. Au pire, ils sont «efficaces» pour structurer la
révolution et la société post-révolutionnaire de manière hiérarchique,
recréant ainsi un gouvernement de classe.
L’une
des tâches essentielle de l’anarchisme est d’encourager la révolte des
populations contre ce type de discipline, en particulier sur les lieux
de lutte. La « discipline » louangée par les avant-gardistes remplace
simplement la pensée humaine et l’association par le respect des ordres
et de la hiérarchie. Ainsi, l’anarchisme vise à saper la discipline
capitaliste (imposée et brutalisante) au profit de la solidarité, de la
« discipline » de la libre association et de l’accord fondés sur la
communauté de lutte et la conscience politique et l’enthousiasme
révolutionnaire qu’elle crée. Ainsi, pour les anarchistes, le modèle de
parti/orga avant-gardiste ne peut jamais être le modèle d’une
organisation révolutionnaire.
Dans
chaque lutte, il existe une minorité radicale qui prend la tête et
nombre de ces minorités développent des conclusions révolutionnaires à
partir de leurs expériences. En tant que tels, les membres de la lutte
développent leur propre théorie révolutionnaire et n’ont pas besoin
d’intellectuels bourgeois (ou autres) pour le leur injecter. Les
anarchistes soutiennent que cette minorité (ainsi que tous les membres
des autres classes ayant rompu avec leur passé et devenus libertaires)
devrait s’organiser et travailler ensemble. Le rôle de cette
organisation révolutionnaire est de diffuser, de discuter et de réviser
ses idées et d’aider les autres à tirer les mêmes conclusions que celles
qu’ils ont tirées de leurs propres expériences et de celles d’autres
personnes. Le but d’un tel groupe est, en paroles et en actes,
d’assister les militants/populations dans ses luttes et de dégager et de
clarifier les aspects libertaires de cette lutte. Il cherche à abolir
la division rigide entre dirigeants et dirigés qui est la marque de la
société de classe en entraînant la vaste majorité des
militants/populations dans la lutte sociale et la politique
révolutionnaire en encourageant leur gestion directe de la lutte. Seule
cette participation et la discussion politique qu’elle génère
permettront aux idées révolutionnaires de se généraliser.
En
d’autres termes, les anarchistes soutiennent que, précisément à cause
des différences politiques (« inégalités »), nous avons besoin de la
démocratie la plus complète possible et de la liberté nécessaire pour
discuter des problèmes et parvenir à des accords. Ce n’est que par la discussion et l’auto-activité que les perspectives politiques de ceux qui luttent se développent et évoluent.
Patrick Mérin.
[ texte grandement traduit/copié/inspiré/adapté de la FAQ anarchiste au sujet de l’avant-gardisme ]
NB : les extrêmes du cadre politique actuel
correspondent aux partis d’extrême gauche ou d’extrême droite. Ce sont
d’ailleurs des catégories auxquelles, même si ça peut paraître
incroyable, certains anarchistes peuvent s’auto-référencer avec le terme
« extrême-gauche » ( Lire ou se situent les anarchistes sur l’echiquier politique ?
), ou ils sont aussi référencés ainsi par les médias. Quoiqu’il en soit
c’est le cadre parlementaire qui définit la position d’extrême. Hors
quand les politiciens ont des positions extrêmement capitalistes, ils ne
sont pas considérés comme extrémistes ni radicaux, c’est le privilège
des libéraux/nationaux capitalistes, ils ont le pouvoir d’État.
D’ailleurs, les États continuent la législation pour contrôler ces
extrêmes (sauf eux) et toute autre pensée/activité radicale, proposant
même des sites contre la radicalisation (non plus réservé comme
actuellement aux théistes islamistes, mais à toute pensée/action qui
refuserait le capitalisme). La chasse aux mécréants/infidèles au
capitalisme continue… la religion capitaliste est dangereuse, comme les autres types de religions.
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